mercredi, 09 mai 2018 05:46

Politique : Les manifestations politiques de la coalition, le genou à terre ?

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La Coalition des 14 partis d’opposition n’a pas été dans les rues ce mercredi comme prévu dans le communiqué envoyé au ministère de l’Administration territoriale.

Dans un communiqué publié mardi, la Coalition a indiqué « que le maintien de ces manifestations ne permettrait pas un déroulement empreint de sérénité, de sécurité pour les manifestants et d’atteinte des objectifs visés ».

Les responsables de la coalition évoquent également des raisons de sécurité.

Appel accueilli favorablement par les manifestants sans doute puisque ce mercredi, aucune manifestation n’a eu lieu.

Dans son communiqué la Coalition appelle les populations « à demeurer mobilisé et en alerte afin de répondre aux mots d’ordre des prochains jours ».

Pour ces nouvelles marches annoncées cette semaine, « Le gouvernement a pris acte, mais tient au respect des itinéraires qu’il a tracés. Cette décision est motivée par la volonté de préserver la tranquillité des populations qui, ces derniers mois, ont subi divers désagréments allant de la destruction de biens aux agressions physiques», ont indiqué les Ministres de l’Administration territoriale et de la Sécurité.

En outre, le gouvernement déplore dans sa réponse à la coalition « la persistance de cette volonté de la coalition de violer les mesures prises par le facilitateur, en prévoyant de manifester à nouveau, pour les questions qui sont en cours de discussion au sein du dialogue inter-togolais ».

Face à ce énième échec de son appel aux marches, les togolais commencent par se poser les questions, si la coalition ne siffle pas elle-même la fin des marches de protestation lancées depuis le 19 août 2017 pour exiger les réformes constitutionnelles.

« Les marches lancées la semaine passée, aucun leader n’était présent sur les lieux indiqués. Cette fois ci, les marches programmées sont annulées à la dernière minute. Je viens de l’apprendre sur les lieux. On ne comprends rien », martèle John Amessinou, militant de l’ANC, parti du chef de file de l’opposition.

Déjà, avant le début du dialogue inter togolais en vue de trouver une issue à la crise, le facilitateur, le président ghanéen Nana Akufo ADDO avait posé comme préalable, la suspension des manifestations politiques dans le pays.

En ce dialogue, tous les togolais espéraient un dénouement positif et définitif pour les réformes au Togo.

On se rappelle, qu’en septembre 2017, le gouvernement a envoyé un projet de loi sur les modifications de la Constitution qui vise à réformer 3 articles de la Constitution. L'article 59 qui désormais stipulerait que le président de la République est élu  pour  un mandat de 5 ans renouvelable une seule fois ; l'article 60 restaurerait l'élection du président au scrutin uninominal majoritaire à deux tours et non plus un comme c'est le cas actuellement, deux des revendications de l'opposition. Enfin, le 3e article à réformer concerne les députés. L'article 52, nouvelle version, limite le nombre de mandats de député à 2, ce qui n'était pas le cas avant.

Par ailleurs, la reprise des marches est déduite du côté du pouvoir comme un sabotage du processus du dialogue en cours. « Le pouvoir ne sera pas complice de la violation des termes du règlement intérieur», a déjà fait signifier à la coalition, Payadowa Boukpéssi, le ministre en charge de l’administration territoriale.

Face à l’impasse politique, la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), s’était réunie le 14 avril dernier à Lomé (Togo) a dans son communiqué final invité les facilitateurs, leurs Excellences Nana Akufo Addo et le Professeur Alpha Condé à intensifier leurs efforts pour aider le gouvernement et les acteurs politiques togolais dans la réalisation des réformes constitutionnelles dans le respect des délais légaux, des normes et principes de la démocratie et l'Etat de droit.

En outre, La CEDEAO a invité les acteurs politiques et la société à s'abstenir de tout acte de violence dans le pays.

Lu 204 fois Dernière modification le mercredi, 09 mai 2018 17:30

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