lundi, 30 avril 2018 11:16

Corruption: Face aux critiques acerbes, le groupe Bolloré sort ses griffes contre l’Afrique

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2 milliards d’euros de chiffre d’affaires par an soit 25% 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires par an soit 25%

Depuis quelques jours le milliardaire français Vincent Bolloré est dans les mailles de la justice française dans le cadre d’une information judiciaire pour « corruption d’agents publics étrangers » dans les processus d’obtention des concessions des ports africains.

La justice de son pays reproche au président du groupe Bolloré d’avoir facilité, grâce à sa filiale de communication Havas, l’élection du président guinéen Alpha Condé et la réélection du chef de l’État togolais Faure Gnassingbé, en 2010.

Même si certains y trouvent dans cette perquisition de corruption la main noire politique derrière, la réalité visible est aussi toute autre chose! C’est que la justice française veut savoir si, en contrepartie, les deux dirigeants auraient concédé au groupe la gestion des terminaux à conteneurs des ports de Lomé et de Conakry.

Suite à la mise en garde à vue de son Président, le Groupe Bolloré a, dans un communiqué rendu le 24 avril dernier, réfuté les soupçons de corruption à l’encontre de sa filiale de l’époque SDV Afrique. « Le Groupe Bolloré dément formellement que sa filiale de l’époque SDV Afrique ait commis des irrégularités. Les prestations relatives à ces facturations ont été réalisées en toute transparence », peut-on lire dans le communiqué. 

« L’Afrique un continent d’avenir mais qui subit un traitement inexact et condescendant des africains. En raison des campagnes véhiculant des informations fausses malveillantes, l’Afrique est considéré comme une terre de non-gouvernance, voire de corruption, avec des chefs d’Etat décidant seuls d’accorder des contrats mirobolants à des financiers peu scrupuleux », a déclaré Vincent Bolloré dans les colonnes du journal français « Le journal du dimanche » du 29 avril 2018.

A l’allure que prend cette affaire dite de corruption, Vincent Bolloré n’a pas hésité à sortir ses griffes et menace de se retirer de l’Afrique avec environs 300 000 employés qui seront envoyés au chômage.

De quoi réjouir la multitude d’ennemis que s’est fait Vincent Bolloré au fil des années, en France, comme en Afrique.

Le groupe Bolloré pourrait-il quitter l’Afrique ?

L’Afrique est un continent vital pour l’empire Bolloré. « Ma conviction, c’est que l’Afrique est au début de son développement, et que cela va aller bien plus vite que les experts ne le pensent. Nous y sommes donc d’abord allés pour faire ce que nous étions capables de faire à l’époque : du transport. Nous avons ensuite orienté notre activité vers les ports africains qui étaient alors privatisés », expliquait, il y a quelques mois, Vincent Bolloré.

Le groupe a posé ses premiers pas sur le continent un peu avant le début des années 90. Aujourd’hui, l’Afrique pèse beaucoup dans les activités du groupe. Selon son rapport d’activité pour l’année 2016, l’Afrique compte, avec 2,229 milliards d’euros, pour 22% du chiffre d’affaires total du groupe, qui est de 10,076 milliards d’euros pour cette année-là. Le continent a compté plus que toutes ses autres régions d’activités hors du territoire français. A titre de comparaison, l’Europe hors France a compté pour 17%, les Amériques 13% et l’Asie-Pacifique 9%. Seules les activités françaises (39%), ont fait mieux que l’Afrique. Sur le contient, l’empire Bolloré tient un trident agriculture-communication-logistique.

On estime à 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires par an soit 25% de ses investissements globaux. Sur le continent africain Canal + a, à lui seul, c’est une croissance annuelle régulière de 57%.

Lu 541 fois Dernière modification le lundi, 30 avril 2018 11:26

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